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 Tarik, en grève de la faim pour sauver son bar à chicha

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nath
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MessageSujet: Tarik, en grève de la faim pour sauver son bar à chicha   Ven 15 Fév - 19:46

Reportage - Depuis le 1er janvier, Tarik, gérant d'un salon à narguilés à Paris, fait de la résistance à la loi anti-tabac. Lundi soir, des policiers sont venus verbaliser ses clients.
Lui attend d'un jour à l'autre un PV. En attendant, il a entamé une grève de la faim pour une dérogation pour les bars à chicha. Il affiche une baisse de fréquentation de 50% en janvier.


Des tables marocaines en mosaïques, des appliques en métal ciselé, des murs rouges, des canapés en velours et... de la fumée blanche s'échappant des narguilés. Le bar à chicha de Tarik, vaste 90 m2 sis près de la place de la Nation, dans le XIe arrondissement de Paris, a ouvert il y a 18 mois, après de longues démarches administratives et 300.000 euros d'investissement. Sur la porte d'entrée, le désormais habituel autocollant : "interdit de fumer", avec la cigarette barrée.

Pourtant, à l'intérieur, deux jeunes filles, un couple et trois hommes d'affaire fument tranquillement des narguilés. Nous sommes le 14 février, soit un mois et demi après l'entrée en vigueur de la loi interdisant de fumer dans les bars, restaurants et discothèques. Et surtout trois jours après un contrôle de police. Lundi soir tard, "trois policiers sont venus pour un simple contrôle, puis, au bout de cinq minutes, ils sont revenus à 30. Ils ont verbalisé six clients pris en flagrant délit, la chicha à la main, parmi les 52 clients présents". Comme le veut la loi, chacun a écopé d'une amende de 68 euros et Tarik, passible de 135 euros, attend d'un jour à l'autre son PV, voire une convocation au commissariat ou au tribunal de police pour une éventuelle sanction. La police décidera peut-être aussi de le convoquer au commissariat pour une mise en garde. Il risque à terme une fermeture administrative pour refus d'obtempérer à la loi.

"La guerre des nerfs"
Si, au mois de janvier, les bars à chicha ont bénéficié d'une certaine tolérance, le sursis a pris fin lundi pour les 800 bars à chicha en France (dont 350 à Paris). Pour Tarik, ces "descentes", qui se multiplient "jusqu'à quatre fois par jours dans d'autres bars à chichas, surtout dans le Ve arrondissement", ne sont pas le fruit du hasard : c'est le résultat d'une "directive envoyée aux policiers pour qu'ils commencent à verbaliser les bars à chicha"... "au moment même où les buralistes de petites communes de province ont été reçus à l'Elysée". Il y a une semaine, Nicolas Sarkozy leur a promis des négociations sur d'éventuels aménagements à la loi (lire notre article).

Mais eux, "rien. Refus de dialoguer" et "silence total", selon Tarik, qui est aussi porte-parole de l'Union professionnelle du Narguilé (l'UNP). L'UNP "tente depuis des mois de négocier" avec le gouvernement pour obtenir une dérogation à la loi anti-tabac. "Nicolas Sarkozy n'a jamais répondu à nos lettres. Roselyne Bachelot (ministre de la Santé) non plus. Seul le ministère de l'Economie nous a reçus deux fois. Il nous a dit d'attendre une décision concernant les salons de narguilés et que d'ici là, il y aurait une tolérance. Mais, depuis lundi, c'est le harcèlement au quotidien, la guerre des nerfs".

"Valeur culturelle"
Voilà pourquoi Tarik (ainsi qu'une jeune serveuse d'un bar à chicha) a entamé, mercredi après-midi, une grève de la faim, suivant l'exemple du buraliste de Loire-Atlantique qui s'était mis en grève de la faim mi-janvier, reçu avec les autres buralistes à l'Elysée la semaine dernière. Il espère ainsi "exister" aux yeux du gouvernement.

Ramzi, un client de son bar, n'y croit pas. "A mon avis, sa démarche n'aboutira pas. Ca ne sert à rien." Pourtant, Ramzi défend la "valeur culturelle" que représentent les bars à chicha, "tout comme les bars à vin ou les bars à bière. Que serait un bar à vin sans vin ?" Selon Tarik, 95% des fumeurs de narguilé ne fument pas la cigarette. Et ce n'est pas dehors qu'ils iront fumer. "Une cigarette dure 5 minutes, le narguilé ¾ d'heure, voire une heure trente". Mais, Ramzi est résigné, "la partie est perdue".

"Les clients ont peur d'être verbalisés"
Certains en effet ont déjà mis la clé sous la porte. "Ils ne gagnaient plus que 6 ou 10 euros par jour", raconte Tarik, et "ils n'ont pas l'autorisation pour devenir une sandwicherie ou un restaurant". D'autres ont investi pour faire des salles fumeurs, des terrasses chauffées ou tentent de se convertir en ‘clubs privés', un "statut qui n'existe pas vraiment dans la loi" explique Tarik. D'autres encore font de la résistance : ils poursuivent leur activité comme avant, au risque d'être verbalisés. A l'instar de Tarik, qui affiche quand même une baisse de fréquentation de 50%. Car "les clients ont peur d'être verbalisés, surtout depuis lundi".

"On nous demande de changer d'activité, mais c'est comme si on demandait à un pharmacien de ne plus vendre de médicaments". Tarik a beau faire aussi de la restauration, la première vocation de son salon, c'est le narguilé. "C'est notre métier, et rien d'autre !"

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